Young Pionner and CCTV
Chen Man
Exposition collective
03/02/2022 - 27/03/2022
Espace du 3 bis
Pour sa première exposition de l’année 2022 la Galerie LOFT vous emmène à la découverte des univers infiniment poétiques de 8 femmes artistes, photographes, peintres et sculptrices de 30 à 86 ans. Parvine Curie, Joséphine de Saint-Seine, Caroline Lazaroo, Chen Man, Deng Yu, Zhao Yutong, Kong Shengqi et Raphaëlle Bertran explorent, entre la France et la Chine, notre monde en constante évolution.
Joséphine de Saint-Seine, née à Paris en 1974, a grandi à Apremont, un petit village de Picardie et vit et travaille aujourd’hui à Marseille. Elle développe dès lors un travail progressif autour de l’exploration des origines des êtres et des éléments qui constituent notre planète. Elle se nourrit de formes et de textures, de matières et de sensations, de symbolique des couleurs et de l’imprévisibilité de l’encre touchant le papier, de lignes et d’évanescence, mais aussi des vertus médicinales des plantes, des vertus physiques et spirituelles du modelage, et de celles, poétiques et mentales de l’écriture.
D’origine Franco-iranienne Parvine Curie naît à Nancy en 1936. Après ses études elle part visiter l’Europe et décide de s’installer à Barcelone en 1957 en découvrant l’art catalan. Elle pratique la sculpture en autodidacte, suivant les conseils du sculpteur Marcel Marti avec lequel elle a un fils, David en 1959. En 1970 elle s’installe à Paris et présente salon de la jeune sculpture l’œuvre Première mère qui va marquer le sculpteur François Stahly. Il l’invite à venir travailler à ses côtés à l’atelier collectif du Crestet (Vaucluse). Parvine y apprend les bases du métier, la taille du bois et de la pierre. Elle épouse Stahly 1975 et réalise par la suite de nombreuses commandes publiques. Son œuvre au départ plus hiératique va ensuite évoluer vers un style plus dynamique. Ses sculptures, entre figures et architectures, et fortement inspirées des lieux qu’elle a visités, sont marquées par des lignes et des matériaux épurés et manifestent son désir constant de questionner l’espace et la lumière.
Les œuvres de Kong Shengqi, taillées dans du bois, tendre et clair, font émerger de la matière des créatures fantastiques et organiques, aux visages ronds et aux traits naïfs, parfois presque enfantins et parfois terrifiants. Son amour évident pour la matière qu’est le bois et sa manière de le sculpter évoque particulièrement les arts des natifs du Nords de l’Amérique, que l’on peut trouver en Alaska où sur les terres Inuits du Canada.
« Après avoir fait différents types de photos, je me suis rendue compte qu’il n’y a rien qui me fasse autant plaisir que de photographier des lieux abandonnés par l’homme. Est-ce que c’est par misanthropie ou juste pour le simple fait de voir le pouvoir de la Nature et de la vie qui reprend le dessus, je ne saurais pas le dire. Dès que je suis dans ces lieux, je me sens bien, calme. J’ai l’impression que le temps s’arrête, comme si on avait pris une télécommande et appuyé sur le bouton stop, comme si on était entré dans une bulle qui n’existe que pour soi. Il y a une sorte de sérénité, le bruit des oiseaux... C’est comme d’être transporté dans une autre dimension, et c’est ce que j’essaye de montrer avec mes photos. »
Les plus grands magazines et les professionnels de la création n’ont eu de cesse de la plébisciter. Vogue, Elle, Bazaar, Marie-Claire, Cosmopolitan, Officiel, Esquire, Madame Figaro Chine… aucun n’a pu se passer d’elle et de ses photos, immédiatement reconnaissables. Chen Man a également réalisé des campagnes publicitaires en Chine pour Lancôme, Motorola, Adidas, Nike, Max Factor ou encore L’Oréal. Au travers de son esthétique unique elle explore désormais des thèmes contemporains, toujours inspirés par des éléments traditionnels de la Chine, qui lui permettent de décrypter la société actuelle de l’intérieur.
Les œuvres de Deng yu, portent ainsi en elles une fraicheur et une joie faussement naïves et « mignonnes » qui se révèlent en seconde lecture terriblement provocatrices. Son personnage fétiche, l’avatar « Tomie », silhouette découpée jaune fluo d’une petite fille projetée au cœur de paysages fantastiques et fantasmagoriques peut ainsi, selon le regard ou la composition être perçue comme un pénis en érection qui vient s’introduire au cœur de l’œuvre, ou à l’inverse un vagin dont émerge la scène en train de se dessiner sous nos yeux.